Fourmis et pucerons.
samedi 6 juin 2009 par L’@dmin

Les fourmis apprécient particulièrement les pucerons qui leurs fournissent un miellat riche en nutriments divers. C’est pour cela que l’on peut souvent observer dans la nature des fourmis autour d’un groupe de pucerons ou de cochenilles sur les tiges ou les bourgeons de certaines plantes. Les orties n’échappent pas aux pucerons, pour le plus grand plaisir de ces fourmis du genre Lasius.

Quelques photos en pleine nature de cette ouvrière Myrmica cf ruginodis, sur de jeunes pucerons qui apprécient apparemment les ronces. Peu de miellat ce jour là, mais nous avons quand même réussit à prendre les clichés aux moments (avant/pendant/après) la récolte du miellat.
Une petite photo de la fourmi qui surveille les pucerons :

La fourmi a repéré la goutte de miellat :

Elle s’en approche :

Et c’est déjà terminé, l’action à duré environ une seconde :

Quelques petites informations sur les fourmis et les pucerons en passant :
L’association fourmi/puceron n’est pas obligatoire, les pucerons ne dépendent pas des fourmis, et les fourmis ont bien d’autres sources de nourritures que les pucerons. Certaines espèces de fourmis n’élèvent pas de pucerons. Donc vous pouvez trouver dans votre jardin, des fourmis sans pucerons et des pucerons sans fourmis.
Il est aussi important de savoir que certaines espèces de pucerons se font manger par les fourmis, car les pucerons rejettent le miellat loin d’eux, pour éviter un développement de bactéries et autres (fumagine par exemple). Les fourmis les dévorent donc comme n’importe quel autre insecte.

Si on reproche souvent aux fourmis de protéger les pucerons, il faut savoir qu’elles en mangent une partie, et que tous les autres insectes et mangeurs de pucerons divers ne sont pas forcément bloqués par les fourmis. Observez quelques instants dans votre jardin les réaction des coccinelles, larves etc, parfois, les fourmis ne réagissent pas ou peu, ou alors la coccinelle retourne quelques minutes après. Il y a aussi un d’autres prédateurs des pucerons contre lequel les fourmis ne peuvent rien faire. Les guêpes solitaires. On se posant seulement quelques instants, elles arrivent parfois à tuer un pucerons, pareil pour certaines mouches. Ces insectes pondent leurs oeufs dans le pucerons.

D’ailleurs, les fourmis sur vos plantes sont plutôt utiles, certaines plantes ont même développé des nectaires extrafloraux, dans le but d’attirer les fourmis sur l’arbre. Ces nectaires extrafloraux, souvent à la base des feuilles (il y en a sur certains cerisiers par exemple) produisent un liquide sucré apprécié des fourmis. Les fourmis étant sur l’arbre, elles protègent ce dernier contre les chenilles, et tous les autres nuisibles qui pourraient s’y attaquer.
Macrophotographies de fourmis et pucerons sur un jeune érable :

Macrophotographie de pucerons et fourmis sur un noyer :
L’importante quantité de miellat récoltée induit de nombreuses trophallaxies : les fourmis stockent le miellat dans leur jabot social, puis le régurgitent pour le partager avec les autres ouvrières. Elles échanges ainsi des informations sur la source de nourriture, ou équilibrent le miellat ramassé entre elles.
Les pucerons du noyer sont de l’espèce Callaphis juglandis.

Sur des ronces et sous la surveillance de la fourmi Lasius fuliginosus, fourmis qui sont connues d’ailleurs pour les colonnes impressionnantes qu’elles forment jusqu’aux plantes parasitées par les pucerons :

Sous terre ! Macrophotographie d’une fourmi Lasius flavus récoltant du miellat de pucerons de racines, qui vivent sous les dalles et pierres ou dans les galeries des fourmis, fixés sur les racines des herbes...
